Sous la lumière des vergers : commencer à regarder
Fin d’après-midi, Curepipe, sur la terrasse d’un café où s’entassent étudiants, créateurs et retraités. Les carnets griffonnés trahissent une nervosité féconde. Dans la lumière dorée, j’observe – ou plutôt, je me laisse traverser – par la vitalité toujours renouvelée de la création visuelle mauricienne.
Que voit-on, à Maurice, aujourd’hui, dans ce champ discret où le graphisme façonne l’œil collectif ? Loin des palmiers rêvés des cartes postales ou des silhouettes figées des estampes coloniales, naît une esthétique nouvelle, tout en métamorphoses silencieuses, en syncrétismes assumés, en revendications parfois timides, parfois viscéralement urbaines.