Là où le paysage devient palette : préambule sensible
Au lever du jour sur la côte Est de Madagascar, les pastels du ciel et la brise tiède qui frôle les filaos semblent déjà annoncer ce qu’on retrouvera plus tard, sur une étoffe tissée, une fresque murale ou un tambour sculpté. Dans l’océan Indien, rien n’est passif ou indifférent : le paysage, les conditions météorologiques, la matière offerte par la mer ou la terre — tout se faufile et agit sur la création humaine, compose peu à peu une esthétique propre, tissée d’échos naturels. Il faut, pour s’en rendre compte, s’attarder, regarder longtemps, laisser infuser dans ses yeux la lumière changeante ou la crudité du corail, observer la gestuelle lente de celles et ceux qui travaillent la fibre végétale ou ramassent l’ocre sur la côte.
Aujourd’hui, je vous invite à explorer cette intrication subtile du monde physique et symbolique, en allant du cratère aux lagons : comment la topographie, le climat, la flore et la moindre nuance du ciel influencent-ils ce que les artistes, les artisans et les rituels inventent, colorent, mettent en forme ?