La peinture moderne : quête d’identité ou miroir fracturé ?
Dès les années 1950, le questionnement de l’identité picturale s’impose : comment peindre malgache, sans faire du folklore ni copier les modèles français ? Les grands noms de la modernité malgache – Laurent Ramarony, Alain Razafindrazaka, Luc Razafimahefa – expriment cette tension profonde.
Le style pictural malgache contemporain se distancie de la narration linéaire pour explorer la texture : superpositions de couleurs, aplats vibratoires, parfois usage du collage, du textile, de la corde ou du raphia. Ce n’est pas un hasard si tant d’artistes urbains – comme Joël Andrianomearisoa, récemment à la Biennale de Venise (Biennale Arte 2019) – travaillent l’installation, la variation de la matérialité, la dimension tactile de la mémoire.
A l’inverse, dans la peinture mauricienne, la modernité se manifeste souvent par l’abstraction chromatique (chez Malcolm de Chazal), ou encore la peinture narrative illustrant la coexistence des communautés (chez Vaco Baissac). À Madagascar, le tableau devient souvent une surface d’effacement, d’incertitude, où la figure s’efface, où la couleur chasse la lumière.
| Élément stylistique |
Madagascar |
Réunion |
Maurice |
Seychelles |
| Motifs traditionnels |
Symboles funéraires, figures étirées, aloalo, sorabe |
Naïf/folklore, paysages, bestiaire créole |
Marines, scènes villageoises, abstractions chromatiques |
Paysages, scènes marines, plasticité végétale |
| Matières/techniques |
Bois, textile, huile, collage, matériaux organiques |
Huile, acrylique, affiches, peinture populaire |
Huile, aquarelle, gouache |
Aquarelle, gouache, acrylique |
| Lignes de force |
Intimité sociale ; symbolisme |
Exotisme, identité créole |
Identité plurielle, abstraction |
Nature idéalisée, harmonie |