Le lamba, tissu du vivant et du sacré
Avant d’ouvrir le panthéon textile de Madagascar, il faut saisir la portée du terme lamba – mot à la sonorité feutrée, aux acceptions multiples. Lamba n’est pas le nom d’un tissu en particulier, mais celui de toute pièce d’étoffe portée traditionnellement, dans la plupart des régions et des groupes malgaches. C’est le vêtement par excellence, parfois voile de pudeur, manteau, turban, mais aussi linceul ultime qui conduit les morts vers le repos. Le lamba a, dès son origine, un double rôle : vêtir les corps et nouer une alliance entre les vivants et les ancêtres (Razana). Certains lambas sont de coton, d’autres de soie, de raphia ou de coton sauvage (landy gasy). Leur confection relève d’un patient travail de filature, de teinture et de tissage, presque toujours aux mains des femmes (voir le magnifique corpus de recherches du CNRS sur la question, sous la direction de Sophie Blanchy).